C'était pas la fête à la grenouille vendredi soir : un déluge s'est abattu sur notre village.

Dans la rue dégoulinait une eau boueuse, les évacuations pluviales étaient saturées.

Ça a commencé par un orage somme toute banal, quoi que, parfois, alors que je rentrais du boulot, le rideau de flotte rendait la visibilité quasi nulle.

Une fois au sec dans la maison, j'ai regardé la pluie tomber, tomber, tomber... et le flot dans la rue monter, monter, monter.

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Nous avons vu dispraitre la ligne blanche du milieu de la route :

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Puis le trottoir :

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4Pendant ce temps, l'eau coulait de part et d'autre de la maison, l'eau allait grossir le flot dans la rue. Les fossés étaient pleins, et les évacuations insuffisantes, épargnant le carré de jardin, mais la pluie se déversait sur les salades... pour être arrosé, le jardin était arrosé.

Quand l'homme est arrivé à la maison, il a grogné (on a l'habitude, c'est un grognon) : le fond du garage était sous 5 cm de flotte, 6 cm de... 7 cm... les murs pissaient la flotte, les eaux pluviales refluaient dans la maison. Le fond du garage est un peu en contrebas : c'était une pièce qui servait de débarras, une marche plus bas que le garage lui même, nous avons fait un plan incliné pour y garer un carrosse de plus.

Nous avons donc attendu que l'eau monte assez pour atteindre le garage lui même et elle s'est écoulée vers la route pendant que ça se remplissait par le reflux des eaux pluviales.

Enfin le déluge a cessé. Ne me demandez pas combien de temps ça a duré, je n'en ai aucune idée, mais ça m'a semblé long.

Nous sommes tous sortis dans la rue pour voir les dégâts, et l'entr-aide s'est mise en route : un voisin nous a prêté la pompe de sa piscine pour vider la notre le fond du garage, comme nous n'avions pas beaucoup de dégâts, j'ai fait mangé les marmots, et proposé aux autres parents de faire manger les leurs.

Dehors, il y avait des graviers partout : tous les chemins étaient descendus sur la route, les jolis trottoirs du village ne ressemblaient plus à rien... les pompiers vidaient les garages en contrebas...

Un chouia fatigués, tout le monde est allé se coucher, et je me replongeais dans mon polar quand... plus de courant, donc plus de pompe à piscine.

Ça n'avait pas disjoncté, nous avons parié sur une panne EDF et remis au lendemain la visite chez les voisins pour savoir de quoi il retournait.

3Sauf que le lendemain, tout le monde avait du courant... pas nous ! Arg !!

J'ai improvisé un café à l'ancienne à peine buvable (merci ma cuisinière à gaz), appelé EDF (enfin fait appelé l'homme -toujours grognon- parce que quand c'est une voix féminine qu'ils ont au téléphone, ils la prennent pour une demeurée). L'homme de l'art s'est pointé 2 heures plus tard pour... arriver à la même conclusion que nous, appeler son collègue et nous installer une magnifique ligne aérienne provisoire pendant que nous voisins nous faisaient couler un café plus que bienvenu.

Le courant revenu, on a quand même trouvé qu'il faisait froid dans la maison (et surtout j'avais trouvé le rinçage des cheveux franchement froid) : la chaudière en avait profité pour tomber en panne . Avec toute l'eau qui était tombée, quelques litres s'étaient invités dans la cuve à fuel... plus d'eau chaude.

Heureusement, les précédents propriétaires avaient installé un ballon d'eau chaude électrique... et de l'électricité, on en avait, youpi ! 

Au total : quelques cartons de laine avec les pieds dans l'eau, quelques meubles abîmés, quelques trucs à jeter, peut être de gros travaux à faire dans la maison, mais pas de bobo.

Bon, ce soir c'est tricot, et demain, c'est jardin.